Javier Busto

Texte

  • Francisco Pino

Esta tierra

No me busques en los montes

por altos que sean,

ni me busques en la mar

por grande que te parezca.

Búscame aquí,

en esta tierra llana,

con puente y pinar,

con almena y agua lenta,

donde se escucha volar

aunque el sonido se pierda.

Cette terre

Ne me cherche pas sur les montagnes

aussi hautes soient-elles,

ni ne me cherche dans la mer

aussi grande qu'elle puisse te paraître.

Cherche-moi ici,

dans cette terre plate,

avec son pont et sa forêt de pins,

avec ses remparts et ses eaux lentes,

où tu peux l'entendre voler

même si le son se perd.

Morten Lauridsen

Texte

  • Rainer Maria Rilke

En une seule fleur

C'est pourtant nous qui t'avons proposé

de remplir ton calice.

Enchantée de cet artifice,

ton abondance l'avait osé.

Tu étais assez riche, pour devenir cent fois toi-même

en une seule fleur ;

c'est l'état de celui qui aime…

Mais tu n'as pas pensé ailleurs.

Morten Lauridsen

Texte

  • Rainer Maria Rilke

Contre qui, rose

Contre qui, rose

Avez-vous adopté

Ces épines ?

Votre joie trop fine

Vous a-t-elle forcée

De devenir cette chose armée ?

Mais de qui vous protège

Cette arme exagérée ?

Combien d'ennemis vous ai-je enlevés

Qui ne la craignaient point

Au contraire, d'été en automne

Vous blessez les soins qu'on vous donne.

Pietro Mussino

Un Inno alla Donna

Di tutti gli splendori,

donna,

sei fuoco, vero calore,

luce ardente,

silenzioso mistero.

città alta e turrita,

foresta rigogliosa,

tempio della vita.

Tu la metà del cielo

sei la metà dell'anima.

Hymne à la Femme

De toutes les splendeurs,

femme,

tu es le feu, la vraie chaleur,

lumière brûlante,

silencieux mystère,

ville haute et fortifiée,

forêt luxuriante,

temple de la vie.

Tu es la moitié du ciel,

tu es la moitié de l'âme.

Jean Absil

Texte

  • Guillaume Apollinaire

La carpe

Dans vos viviers, dans vos étangs,

Carpes, que vous vivez longtemps !

Est-ce que la mort vous oublie,

Poissons de la mélancolie.

Francis Poulenc

Texte

  • Paul Éluard

De grandes cuillers de neige

De grandes cuillers de neige

Ramassent nos pieds glacés

Et d'une dure parole

Nous heurtons l'hiver têtu

Chaque arbre a sa place en l'air

Chaque roc son poids sur terre

Chaque ruisseau son eau vive

Nous nous n'avons pas de feu.

Francis Poulenc

Texte

  • Paul Éluard

Bois meurtri

Bois meurtri bois perdu d'un voyage en hiver

Navire où la neige prend pied

Bois d'asile bois mort où sans espoir je rêve

De la mer aux miroirs crevés

Un grand moment d'eau froide a saisi les noyés

La foule de mon corps en souffre je m'affaiblis je me disperse

J'avoue ma vie j'avoue ma mort j'avoue autrui.

Bois meurtri bois perdu

Bois d'asile bois mort

Thomas Morley

April is in my mistress' face

April is in my mistress' face,

And July in her eyes hath place;

Within her bosom is September,

But in her heart a cold December.

C'est avril dans le visage de ma mie

Dans ses yeux juillet a pris place

En son sein on devine septembre

Mais en son cœur un froid décembre.

Thomas Bateson

Love is the fire

Love is the fire that burns me,

The smokes are thoughts confused,

Which dim my soul,

And hath my sense abused.

Though fire to ashes turn me,

Yet doth the smoke more grieve me,

That dims my mind,

Whose light should still relieve me.

L'amour est le feu

L'amour est le feu qui me brûle,

Les fumées sont des pensées confuses,

qui obscurcissent mon âme,

Et abusent de mes sens.

Bien que le feu me réduise en cendres,

Mais la fumée m'afflige encore plus,

qui obscurcit mon esprit,

Dont la lumière devrait encore me soulager.

John Farmer

Fair Phyllis I saw

Fair Phyllis I saw sitting all alone

Feeding her flock near to the mountainside.

The shepherds knew not whither she was gone,

But after her lover Amyntas hied.

Up and down he wandered whilst she was missing;

When he found her, O then they fell a kissing.

J'ai vu la belle Phyllis

J'ai vu la belle Phyllis, assise toute seule,

Faisant paître son troupeau près du flanc de la montagne.

Les bergers ne savaient pas où elle s'en était allée.

Mais à sa suite son amant, Amyntas, se hâta.

En haut, en bas, il erra pendant qu'elle était disparue ;

Quand il la trouva, Ô alors, ils fondirent en baisers.

Benjamin Britten

Texte

  • Robert Herrick (1591-1674)

The succession of the four sweet months

First, April, she with mellow showers

Opens the way for early flowers,

Then after her comes smiling May

In a more rich and sweet array,

Next enters June and brings us more

Gems than those two that went before,

Then (lastly,) July comes and she

More wealth brings in than all those three;

April! May! June! July!

La suite des quatre doux mois

D'abord, Avril, avec de douces averses

Ouvre le chemin aux premières fleurs,

Puis après lui vient le souriant Mai,

Dans un habit plus riche et plus doux,

Ensuite entre Juin et nous apporte plus

De gemmes que ces deux qui l'ont précédé,

Ensuite (enfin), Juillet arrive et il

Apporte plus de richesses que tous les trois ;

Avril ! Mai ! Juin ! Juillet !

Clément Janequin

Le rossignol

En escoutant le chant mélodieulx

De ses plaisans et tant doulx rossignieulx

Qui vont disant ainsy, ainsy, ainsy

L'ung d'eux me dist : "Parcy, passez, parcy

Et vous orrez qui chantera le mieulx."

Tous tous tous tous veulliez estre songneulx

D'amour servir loyaulment en tous lieux

Et luy crier mercy, mercy, mercy

Fuyez, fuyez, gens merencolieulx

Suyvez, suyvez les dames en tous lieux

Et de soucy dictes fy fy fy

Retournez cy mardi, mardi, mardi

Et vous serez plus que devant joyeulx

Giovanni Giacomo Gastoldi

A lieta vita

A lieta vita

amor c'invita, Fa la la

Chi gioir brama

se di cor ama

donerà il core

a un tal Signore, Fa la la

or lieta omai

scacciando i guai Fa la la

Quanto ci resta

Viviano in festa

e diam I'onore

a un tal Signore Fa la la

Chi a Lui non crede

privo è di fede Fa la la

onde aver merta

contra se aperta

l'ira e il furore

d'un tal Signore Fa la la

Ne fuggir giova

ch'egli ognun trove Fa la la

Veloci ha l'ali

e foco e strali

dunque s'ardore

un tal Signore Fa la la

A une vie joyeuse

l'amour nous invite, fa la la

qui a soif de "jouir" (de la vie)

sincèrement

donnera son coeur

à un tel seigneur, fa la la

heureuse maintenant ou jamais

puisqu’il chasse les peines

ce qui nous reste (à vivre)

Vivons-le dans la fête

et faisons honneur

à un tel seigneur

qui ne croit pas en lui

est dépourvu de foi

et il mérite donc

de voir se déclarer contre lui

la colère et la fureur

d'un tel seigneur

et fuir ne sert a rien

car il retrouve chacun

ses ailes sont rapides

comme sa foudre et ses flèches

que l’on adore donc

un tel seigneur